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Presse: Parution Ouest-France 28/07/2018

Montauban-de-Bretagne

Elle recueille et retranscrit vos souvenirs

Laurence Renouard aime retranscrire les moments forts de la vie
Laurence Renouard aime retranscrire les moments forts de la vie | PHOTO OUEST-FRANCE

Nombreux sont ceux qui souhaitent transmettre leur histoire à leurs petits-enfants. Laurence Renouard recueille la parole des anciens et la retranscrit en un livre.

Laurence Renouard a le sourire engageant. La jeune femme, originaire de Talensac, est installée à Montauban-de-Bretagne depuis quatre ans. Chargée d’insertion professionnelle auprès d’enfants en difficulté, elle sait écouter et comprendre ceux qu’elle rencontre. Depuis peu, cette ancienne étudiante en lettres a décidé de se lancer dans une nouvelle activité, celle de biographe pour particuliers.

Une première biographie

« J’avais déjà failli le faire, il y a une dizaine d’années, mais ce n’était pas le bon moment pour moi. » Il a fallu attendre les 70 ans de son père pour que Laurence se lance dans la rédaction d’une première biographie.

« Je voulais lui offrir un cadeau original : l’histoire de son enfance. Alors j’ai interrogé ses nombreux frères et sœurs pour que chacun me raconte ses souvenirs. J’ai ensuite réuni toute la matière recueillie pour en faire un livre. »

Comme souvent dans la vie, cette première expérience en a appelé d’autres. « Une petite dame de 90 ans m’a contactée. Elle qui avait grandi à Paris voulait revenir sur sa vie de sage-femme en Bretagne. »

Une bataille judiciaire

Mais le projet, qui occupe Laurence en ce moment, est bien différent. Il s’agit de raconter la bataille judiciaire dans laquelle s’est jetée une jeune femme en voyant que la date de prescription des faits approchait. « C’est un combat qu’elle a gagné et qu’elle souhaite désormais voir publié, afin d’aider les victimes dans le même cas. »

On le voit, les raisons pour lesquelles on peut faire appel à un biographe sont multiples. Et nul besoin d’avoir eu une vie extraordinaire pour avoir des choses à dire ! Raconter ce qu’était la vie quand on était enfant peut être un témoignage précieux pour les générations futures. « Quand je retranscris les entretiens, j’ai toujours une chose en tête : rendre la voix de celui qui raconte. Si, à la lecture de ses mémoires, la famille du narrateur a l’impression de l’entendre parler, c’est que j’ai réussi ! »

Six mois

Si Laurence propose des formules personnalisées pour chacun, mieux vaut ne pas attendre le dernier moment pour initier ce type de projet.

Entre la première rencontre et le rendu final, sous forme de livre, il faut compter environ six mois.

« Réaliser les entretiens, les retranscrire, s’occuper de la mise en page, de l’insertion des photos, c’est beaucoup de travail. Mais aller à la rencontre de l’autre et plonger dans ses souvenirs me transporte. Je crois que j’étais faite pour ce métier. »

Contact : 06 66 12 09 09. www.laurencerenouard.fr

Extrait

« Toujours vêtue de noir, la mère va en journées l’été elle aussi, se cassant les reins avec ses petits autour d’elle tandis qu’elle travaille aux champs en plus d’assumer l’éducation des enfants et l’entretien de la maisonnée. Elle les nourrit à midi au bord du champ, se prive parfois de manger pour qu’ils n’aient pas faim. (…). Les enfants de moins de six ans, trop petits encore pour aller à l’école, donnent un coup de main aux champs quand c’est possible, pour ramasser les betteraves par exemple. (..). C’est une femme au bon cœur, gentille, douce mais très exigeante : il faut marcher à la lettre et ne pas déroger aux règles qu’elle fixe avec autorité. Elle ne tolère pas d’écarts, surtout pas en ce qui concerne l’heure du retour de l’école (…). Et puis de toute façon, c’est décidé comme ça, y a rien à dire et faut obéir voilà tout. »

Entre hier et demain, au Bas Breil

Extrait

« Le grand drame de leur vie survient en août 1946. Le père est aux battages (…). La mère est alors enceinte de six mois (…). Il fait une chaleur torride et elle s’est allongée pour la sieste (…), tant la température est suffocante. On entend soudain avec stupeur des pas sur les cailloux de la cour : qui donc se promène par une chaleur pareille ? C’est la mère de René, qui annonce comme ça qu’elle est venue pour emmener le petit garçon, alors tout juste âgé de six ans. (…). En une heure René était parti. Lui aussi a compris tout de suite que sa vie allait changer. La mère l’a regardé s’éloigner, en appui sur le chai de la porte dont le battant du haut était ouvert, avec son gros ventre et ses larmes qui ne se tariront pas. (…). Et elle en parlera, de son René. Elle aurait admis – mieux en tout cas – si la mère de celui qu’elle appelle tendrement « mon p’tit gars » était venue le reprendre pour le garder avec elle. Mais qu’elle l’enlève de la maison pour l’envoyer à l’orphelinat… »

Entre hier et demain, au Bas Breil

Extrait

« La mémoire, c’est une chose très particulière. Je pensais à ça l’autre jour quand je cherchais des photos. Ça remue beaucoup de choses. Il y en a une dont je ne me souvenais plus et que j’ai été contente de retrouver. J’ai jeté tout un tas de photos inutiles à garder, de gens que je ne suis plus que la seule à avoir connus. J’ai vu aussi une photo de la maison (…), je m’y suis très bien retrouvée. Mais quand je pense au Général De Gaulle sur les Champs Elysées, c’est autre chose. J’ai vu les images cinquante fois à la télévision. Je sais que j’y étais. Mais je ne l’ai pas vu, j’étais au milieu de la foule. Peut-être ai-je aperçu son képi, je n’en suis même pas sûre. Mais chaque fois qu’on parle de ça, j’ai l’impression d’avoir été juste devant lui. Ce n’est pas vrai. Je sais très bien que j’étais sur le côté.

C’est tout à la fois la question de la réalité et celle de la mémoire qui n’est en fait que sa propre vérité : elle est émotionnelle, partielle, reconstruite aussi, comme pour de Gaulle. Et puis il a aussi celle qu’on peut recouvrer quand on est dans un certain état intérieur de conscience modifiée, comme ce souvenir de me blottir sur la poitrine de ma grand-mère qui m’est revenu pendant un stage (…). J’étais sûrement très petite, trois ans sans doute, et ce n’était pas de la mémoire consciente parce que jamais, jamais avant je n’y avais repensé. »

Tu feras ça plus tard…

 

Extrait : Entre hier et demain, au Bas Breil

« C’est un homme strict, bourru, parti tôt, rentré tard, pas trop causant, pas démonstratif avec ses enfants. (…) Il est travailleur et courageux, rompu aux tâches difficiles et il ne se plaint pas. Derrière ses silences parfois ombrageux et ses coups de casquette, il est attentif (…). A l’extérieur de la maison, c’est un homme sociable et bavard, pourvu d’une facilité à discuter avec tout le monde. Connu comme le loup blanc, il est à l’aise avec n’importe qui, une éternelle cigarette plus ou moins bien roulée (et plutôt mal que bien) au coin de la moustache qu’il porte jaunie, brûlée et grillée par le tabac. Quand c’est l’heure de manger, il l’éteint, la place derrière son oreille puis la reprend en fin de repas. Son plaisir, c’est d’avoir sa goutte avec le café, midi et soir, son petit verre dans les fermes à droite et à gauche aussi. »

Entre hier et demain, au Bas Breil

Extrait : Entre hier et demain, au Bas Breil

« Les fils à linge sont l’objet de beaucoup d’attention : ce sont des indicateurs menstruels. Y sèchent les serviettes en tissu qu’utilisent les femmes pour se protéger et que tous identifient comme tels. Pour éviter les premiers commérages au sujet des nouvelles grossesses, certaines femmes récemment enceintes étendent ces linges qui n’ont pourtant pas servi afin de tromper le voisinage quelque temps encore. Il n’y a dans ces observations indiscrètes aucune retenue alors même que la pudeur prévaut et qu’on évoque peu ces choses-là (…) »

Entre hier et demain, au Bas Breil

Témoignage : Un moment d’attention particulière

« Laurence a pris rendez vous. Elle est venue en toute simplicité et gentillesse pour poser, écouter, mettre en confiance et faire remonter les souvenirs d’enfance, ce qui n’était pas évident en raison de mon vécu. Il s’est passé une véritable osmose et j’ai pu raconter mon histoire de jeunesse. Ce fut un moment d’attention particulière à mon égard et d’une grande compréhension. Je félicite Laurence pour son talent et elle mérite d’aller loin dans cette aventure avec les gens. »

René.

Témoignage : Une très belle aventure

« Écrire un passage de sa vie, une expérience est tout d’abord une envie, puis un besoin. Franchir ce pas a été pour moi un saut dans l’inconnu. J’ai eu la chance de trouver sur mon chemin, une belle personne, une Plume, Laurence. Sa manière de mener les entretiens : bonne humeur, légèreté… on se sent rapidement en confiance. Grâce à sa discrétion, je me rends compte que chaque séance est un temps que je consacre à moi-même. Ce sont des moments passionnants, excitants. Une très belle aventure. Merci Laurence. »

Virginie.

Témoignage : Un travail formidable pour toute notre famille

« Quand j’ai été contactée pour contribuer au livre surprise des 70 ans de mon frère, c’est avec plaisir et sans hésiter que j’ai dit oui et je me suis prise au jeu de cette aventure. Laurence est venue me rencontrer pour enregistrer mes souvenirs sur les lieux de mon enfance et de celle de mon frère, là où nous avons été élevés. Les anecdotes qui ont émaillé nos jeunes années sont remontées à la surface. Le professionnalisme de Laurence m’a impressionnée et nous avons partagé des moments très forts et très riches. Elle n’a pas ménagé sa peine pour contacter ceux d’entre nous qui pouvaient l’aider à étoffer ce livre. Elle a fait un travail formidable pour toute notre famille.
Merci Laurence. »

Simone.

Témoignage : C’est important de laisser du temps

« Il y a une grande faculté d’écoute et d’empathie de la part de Laurence. Elle pose des questions pertinentes qui permettent de relancer le dialogue, questions obligeant parfois à approfondir-préciser-reformuler des souvenirs presque oubliés. C’est important de laisser du temps à la personne pour qu’elle reprenne une certaine sérénité (c’est une lourde épreuve que de se pencher sur son passé!) et puisse achever sa biographie sans trop d’émotion. »

Monique.